Oui, à condition que votre vrai sujet soit le voyage au long cours dans un confort haut de gamme. La Honda Gold Wing 1800, surtout en version Gold Wing Tour DCT, garde une place à part chez les grandes routières grâce à sa mécanique hyper douce, à sa protection bien calibrée, à sa stabilité et à cette capacité rare à gommer la fatigue sur les grosses journées. Mais la ranger d'office en tête de tous les classements serait trop facile. En ville, dans les manœuvres lentes ou si vous cherchez une GT plus vive sous la main, son poids et son gabarit se rappellent vite à vous.
Le vrai verdict tient moins à la réputation du modèle qu'à votre usage réel. Pour situer cette Honda Gold Wing 1800 honnêtement, je préfère regarder des points concrets : le confort sur longue distance, le comportement en duo, le poids ressenti à basse vitesse, l'apport de la boîte DCT et sa place face à des concurrentes comme la BMW K 1600 GTL, la BMW K 1600 Grand America, la Harley-Davidson Road Glide Limited ou l'Indian Pursuit.
Pour un grand rouleur qui voyage souvent à deux, la Gold Wing Tour DCT reste l'une des propositions les plus abouties du marché. Sa force tient en une phrase : elle rend les kilomètres faciles. Sa limite est tout aussi claire : à l'arrêt, dans un garage serré ou dans les manœuvres du quotidien, ce gros flat-six demande de l'aisance, pas seulement un bon gabarit.
La Honda Gold Wing 1800 est-elle toujours la meilleure ?
Oui, si vous cherchez avant tout le confort et le voyage au long cours
Sur autoroute, sur nationale rapide et sur les longues journées de selle, la Gold Wing garde un avantage qu'on a rarement ailleurs. Son flat-six de 1 833 cm3 joue sur la disponibilité, la douceur et la sérénité, pas sur l'effet démonstratif. En pratique, ça donne cette sensation de rouler sans effort, même chargée, même en duo. C'est précisément ce que beaucoup attendent d'une grande routière haut de gamme.
La partie-cycle fait une grosse part du travail. La suspension avant à double triangulation filtre bien, stabilise la moto au freinage et rend le comportement plus posé que ce que la fiche technique laisse imaginer. Une fois lancée, elle pèse moins que sur le papier. J'insiste là-dessus, parce qu'une Gold Wing ne convainc jamais par ses chiffres seuls. Elle convainc par la façon dont elle efface la fatigue sur la durée. Un copain de mon club roule en Gold Wing Tour depuis cinq ans, et ce qui le tient, ce n'est pas la puissance, c'est qu'il finit ses 800 km d'une traite sans le dos en vrac.
La version Tour pousse cette logique plus loin avec un équipement pensé pour le duo et le voyage chargé. La Gold Wing Tour DCT y ajoute une boîte à double embrayage 7 rapports qui, sur une moto de ce gabarit, change vraiment la vie : moins de fatigue en traversée lente, plus de fluidité sur les longues étapes, et une conduite très naturelle quand on prend le pli. Les modes TOUR, SPORT, ECON et RAIN affinent la réponse sans dénaturer la moto.
Non, pas pour tous les profils
La Gold Wing cesse d'être le bon choix dès que le voyage au long cours n'est plus votre usage principal. Si vous faites surtout des trajets courts, des demi-tours, des stationnements serrés ou de la circulation dense, son volume devient un sujet quotidien. Ce n'est pas un défaut caché, c'est le compromis logique d'une moto pensée d'abord pour avaler des kilomètres dans un grand confort.
Elle convient aussi moins au motard qui cherche une GT plus tendue sous la main. Une BMW K 1600 GTL ou une K 1600 Grand America parlera mieux à celui qui veut du moteur plus présent, une réponse plus vive et une sensation moins feutrée dans les enchaînements. Une Harley-Davidson Road Glide Limited ou une Indian Pursuit peuvent aussi faire sens si la priorité va au style touring américain, au caractère de la mécanique ou à une expérience plus typée.
La réponse honnête tient en une phrase : la Gold Wing 1800 reste l'une des meilleures, souvent la meilleure, pour voyager loin et longtemps dans un confort très haut de gamme. Elle ne domine plus tout, sur tous les terrains, pour tous les profils.
Gold Wing, Gold Wing Tour ou Tour DCT : laquelle choisir ?
La Gold Wing standard
La Gold Wing standard a du sens si vous voulez l'esprit du modèle avec une présentation plus épurée et un usage plutôt centré sur le solo ou le voyage moins chargé. Elle garde le cœur de la moto : le flat-six, la qualité de roulage, la protection sérieuse et cette capacité à rendre les longues distances faciles. Pour un motard qui roule beaucoup sans forcément charger à deux avec tout le barda, elle suffit largement.
La Gold Wing Tour
La Gold Wing Tour vise plus franchement le grand tourisme. Elle devient la bonne pioche quand le duo compte vraiment, que le volume de bagage prend de l'importance et que vous voulez une moto pensée pour les longues étapes sans rogner sur l'accueil du passager. Pour celui qui achète une Gold Wing d'abord pour voyager, c'est la déclinaison la plus cohérente.
La Gold Wing Tour DCT
La Gold Wing Tour DCT est la plus pertinente si vous cherchez le maximum de facilité. Sur une machine de ce poids, la DCT n'est pas un gadget. Elle apporte un vrai confort dans les ralentissements, les relances douces, les longues journées et les trajets chargés. Elle s'accorde particulièrement bien avec le duo et avec le grand rouleur qui veut réduire la charge mentale. Si vous aimez par-dessus tout gérer chaque rapport et garder un rapport physique à la boîte, la version manuelle reste plus logique pour vous.
Pour résumer proprement, voici comment se positionnent les trois versions selon l'usage visé :
| Version | Profil type | Point fort |
|---|---|---|
| Gold Wing | Solo, voyage moins chargé, approche plus simple | Esprit Gold Wing avec moins d'équipement |
| Gold Wing Tour | Duo régulier, voyage équipé | Meilleur compromis touring complet en boîte manuelle |
| Gold Wing Tour DCT | Grand rouleur, duo chargé, conduite apaisée | Le plus haut niveau de confort et de facilité |
C'est souvent la Tour DCT qui porte le mieux la réputation actuelle de la Gold Wing. Ce n'est pas un hasard, c'est la version qui pousse le plus loin la logique de base du modèle.

Les vrais points forts de la Gold Wing 1800 en usage
Moteur, confort, duo, DCT : ce qui change vraiment
Le moteur est central, mais pas pour une question de prestige. Le flat-six 1 833 cm3 donne surtout une sensation de disponibilité permanente. Il tire sans brutalité, reprend proprement et reste doux quand la journée s'éternise. Pour le duo, c'est un vrai atout : la moto reste pleine, calme, peu fatigante, même avec un passager et des bagages à l'arrière.
Le confort est l'autre gros argument. La selle, la protection, la stabilité et l'ergonomie tirent toutes dans le même sens, rouler longtemps sans batailler avec la machine. C'est là que la Gold Wing pour un usage grand tourisme garde une avance nette sur beaucoup de motos pourtant très bien équipées. Elle ne cherche pas à vous impressionner à chaque accélération. Elle cherche à rendre le voyage plus simple, plus propre, plus reposant.
La technologie reste au niveau attendu. La Gold Wing Tour actuelle embarque Apple CarPlay et Android Auto sans fil, ainsi que les quatre modes TOUR, SPORT, ECON et RAIN. Concrètement, ça améliore surtout le quotidien et la qualité de voyage. TOUR est le plus naturel pour les grosses étapes, SPORT convient mieux à une route sèche qu'on mène plus franchement, ECON a du sens sur un rythme apaisé, et RAIN lisse la réponse quand l'adhérence baisse. Ces modes affinent le comportement, ils ne transforment pas la moto en GT légère.
Le freinage et le châssis vont dans la même direction. L'ABS combiné et l'architecture avant à double triangulation, qui reprend le rôle de la fourche en séparant freinage et direction, renforcent la stabilité et la confiance, surtout sur une moto lourde, en duo ou chargée. Le bénéfice est très concret sur les longues descentes, les freinages appuyés et les grandes journées où la fatigue rend chaque réaction plus critique. La Gold Wing rassure plus qu'elle n'excite, et c'est exactement ce que la plupart des acheteurs viennent y chercher.
Les défauts réels à connaître avant achat
Je ne vais pas vous mentir, une Gold Wing a des limites claires, et mieux vaut les regarder en face avant de signer. Le poids se sent franchement à l'arrêt et dans les manœuvres lentes. La largeur et l'encombrement la rendent moins à l'aise en ville qu'une GT plus compacte. Le prix d'accès est élevé dans le segment, et il faut le lire avec le coût d'usage complet, pas juste le ticket de caisse. Sa philosophie de conduite est plus feutrée que dynamique, ce qui demande une vraie adaptation si vous venez d'une GT plus légère ou d'un roadster musclé.
Ces limites pèsent très différemment selon les profils. Un motard expérimenté, grand rouleur et habitué aux gros gabarits encaisse ça facilement parce que, en échange, il profite d'un niveau de confort qu'on trouve difficilement ailleurs. Un pilote plus petit, moins à l'aise avec les motos lourdes ou obligé de manœuvrer tous les jours dans un garage serré va le sentir beaucoup plus vite. C'est là que l'écart entre le rêve et l'usage réel se creuse le plus.
Il faut aussi distinguer trois choses que beaucoup d'articles mélangent. D'abord, les inconvénients d'usage (poids, encombrement, gabarit). Ensuite, les points à vérifier sur une occasion, qui dépendent du millésime, de l'entretien et de l'historique. Enfin, les éventuelles campagnes de rappel ou mises à jour, qu'il faut toujours contrôler au cas par cas avant un achat d'occasion. Dire qu'une Gold Wing n'a pas de défauts n'a aucun sens. Dire que ses défauts sont acceptables pour certains usages, oui.
La fiabilité doit aussi être cadrée proprement. Le modèle a une réputation solide, mais ça ne dispense jamais de vérifier l'entretien, les consommables, l'état général, l'électronique et le suivi du millésime visé. Sur une moto de ce niveau, le coût d'usage dépend autant de la qualité du suivi que du modèle lui-même.
Face aux concurrentes, où se situe la Gold Wing 1800 ?
Face à la BMW K 1600 GTL
La Gold Wing garde l'avantage si votre priorité est la douceur générale, le confort de voyage et cette impression de rouler sur une machine très apaisée. La BMW parle davantage au motard qui veut une GT premium plus vive en ressenti, avec un moteur plus tendu et une lecture plus dynamique de la route. Les deux sont excellentes, elles ne cherchent simplement pas la même chose.
Face à la BMW K 1600 Grand America
L'écart se joue sur la philosophie. La BMW conserve une approche plus démonstrative, alors que la Honda reste plus feutrée et plus homogène dans sa manière d'avaler les kilomètres. Si vous voulez une grande routière qui donne encore une impression de nervosité, la BMW peut être plus juste. Si vous voulez avant tout rouler loin sans fatigue, la Gold Wing garde une vraie force.
Face à la Harley-Davidson Road Glide Limited
Ici, on oppose deux visions du touring. La Harley met en avant le caractère, le style et l'expérience Grand American Touring, avec tout ce que ça implique de personnalité moteur et d'identité visuelle. La Honda répond par une sophistication plus lisse, une grande facilité de roulage et une approche plus universelle du voyage à deux. Le choix dépend moins de la fiche technique que de la façon dont vous aimez rouler.
Face à l'Indian Pursuit
La Gold Wing garde un avantage de douceur et de maturité globale, quand l'Indian séduit par son identité forte, son équipement et sa lecture moderne du touring américain. La Honda reste très solide si vous cherchez une machine qui fait tout avec calme et cohérence. L'Indian peut davantage vous parler si vous voulez une présence plus marquée et une expérience moins feutrée.
Au final, la Gold Wing reste devant dès que les critères principaux sont le confort en duo, la facilité sur longue distance, la qualité de filtration et l'agrément général. Elle perd du terrain dès que le dynamisme, le style très typé ou une relation plus physique à la moto pèsent davantage dans votre balance.

Quand la Gold Wing 1800 n'est pas le meilleur choix
Si vous roulez surtout en ville ou en périurbain, avec beaucoup de manœuvres et de stationnements, une grande routière de ce gabarit devient vite contraignante. Dans ce cas, la réputation de la moto ne compense pas la réalité du quotidien. Une machine plus légère en ressenti sera souvent plus agréable à vivre, même si elle offre moins sur longue distance.
Si vous cherchez une GT plus vive, la BMW K 1600 GTL est souvent une alternative plus cohérente. Si vous voulez une grande voyageuse premium avec une personnalité plus démonstrative, la BMW K 1600 Grand America peut mieux coller. Si votre priorité va au style touring américain, au caractère moteur et à une expérience plus marquée, la Harley-Davidson Road Glide Limited ou l'Indian Pursuit deviennent des choix très sérieux.
Côté budget, la question ne s'arrête pas au prix d'achat. Il faut penser au coût d'usage, à l'assurance, aux consommables et à l'entretien d'une moto lourde, puissante et très équipée. Sur ce terrain, acheter une Gold Wing uniquement pour son image mène souvent à un choix trop ambitieux par rapport à l'usage réel. J'en vois passer au club : quelqu'un craque pour le modèle, il s'aperçoit au bout de six mois qu'il aurait été mieux servi par plus petit et plus agile.
Si vous aimez sentir la mécanique, jouer avec la boîte et garder une conduite plus active, la Gold Wing Tour DCT n'est pas forcément votre évidence. Sa force est la fluidité. Pour certains, c'est un sommet de confort. Pour d'autres, c'est une mise à distance de ce qu'ils aiment dans la conduite. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, juste la bonne moto pour le bon usage.
Ce qu'il faut retenir avant de choisir
La Honda Gold Wing 1800 reste une très grande moto de voyage, et elle garde une place particulière dans le segment. Pour le duo, les longues distances, la douceur mécanique et le confort haut de gamme, elle tient toujours le haut du panier, avec un net plus en Honda Gold Wing Tour DCT.
Le bon achat dépend quand même d'une question simple : voulez-vous une moto qui rend le voyage plus facile, ou une moto qui rend la conduite plus intense ? Si c'est la facilité, la protection, la sérénité et l'endurance qui priment, la Gold Wing mérite largement sa réputation. Si c'est la vivacité, un gabarit moins imposant ou une personnalité plus marquée que vous cherchez, une BMW K 1600 GTL, une BMW K 1600 Grand America, une Harley-Davidson Road Glide Limited ou une Indian Pursuit pourra mieux vous correspondre.
Autrement dit, la Gold Wing 1800 reste toujours la meilleure grande routière pour un type de motard bien précis. C'est déjà beaucoup, et c'est plus honnête qu'un verdict absolu.
