Moto anglaise : la fiabilité au bout des doigts
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Pose un Hyosung Bobber 125 au milieu d'un parking de 125 et il attire l'oeil avant les autres. La raison tient sous le réservoir : un vrai bicylindre en V, là où presque toutes les 125 se contentent d'un monocylindre. C'est une petite custom au look d'américaine, signée du constructeur sud-coréen Hyosung, accessible dès le permis A1, avec une selle basse et un gabarit qui rassurent pour débuter. Son moteur en V (deux cylindres disposés en V plutôt qu'un seul) lui donne une sonorité et une souplesse rares dans la catégorie, et elle se prête bien à la personnalisation.
Le terrain de jeu est clair : un deux-roues à fort caractère pour qui veut sortir du moule des 125 banales, en neuf comme en occasion. On va voir ce qu'elle a dans le ventre, comment lui donner ta touche, comment l'entretenir sans se compliquer la vie, et où la dénicher au bon prix.
Le V-twin, c'est sa carte maîtresse. Un bicylindre en V à 60 degrés de 124,7 cm³ à refroidissement liquide, qui sort 13,3 ch à 10 250 tr/min, là où la concurrence aligne des monocylindres plus quelconques. Le reste suit la recette bobber : cadre acier, pneus larges, selle à 710 mm du sol, boîte 5 rapports avec indicateur de rapport engagé sur les versions récentes, démarreur électrique, réservoir d'environ 12,5 litres. Le freinage est un système combiné (CBS), qui répartit l'effort entre l'avant et l'arrière quand tu freines, avec un disque à chaque roue. Pas d'ABS sur les premières séries ; il est arrivé plus tard, de série, sur les versions EVO. Côté conso, elle reste sobre, autour de 2,7 l/100 km, de quoi voir venir avant la station.
Hyosung a un historique à connaître avant d'acheter. Conforme à la norme Euro 5, la moto a d'abord été vendue en France à partir d'août 2018 sous le nom d'Aquila GV125S, avant d'être rebaptisée Bobber GV125S en 2021, avec l'ajout de l'indicateur de rapport et d'une prise USB. Et si tu lorgnes la grande soeur, la Bobber 300, attention : ce n'est pas juste une question de chevaux, c'est une cylindrée à part (296 cm³, environ 29 ch) sur une base voisine.
Côté look, la filiation saute aux yeux : petit phare rond, réservoir arrondi, gros pneus, pot volumineux. On pense tout de suite à une Harley-Davidson Sportster, et notamment à la Nightster, qui a clairement servi de modèle. La position de conduite est droite, genoux pliés à angle droit, dans la pure tradition du genre. C'est dépouillé, assumé, et ça change radicalement de la silhouette passe-partout des 125 urbaines.
Avant de toucher quoi que ce soit, un rappel qui évite les ennuis : la ligne d'échappement et son dispositif anti-bruit ne se modifient pas avec du matériel non homologué, sous peine de mettre la moto hors la loi au premier contrôle. Cadre posé, le champ reste large. Même un simple changement de peinture, unie ou travaillée, suffit déjà à la rendre reconnaissable entre toutes.
Pour l'apparence, plusieurs leviers selon ce que tu privilégies, confort, style ou côté pratique : un dosseret, un phare à LED, de petites sacoches latérales, ou un jeu de rétroviseurs et un garde-boue plus vintage ou chromés. Sur la partie mécanique, des pièces comme l'échappement ou l'embrayage peuvent se remplacer, mais là, prudence de mécano : du matériel de qualité, compatible et homologué, et un coup de main d'un connaisseur si tu as un doute. Une modif mal menée, et c'est la fiabilité, la sécurité ou l'homologation qui trinquent.
La peinture, c'est le terrain le plus simple pour se démarquer. Elle sort d'usine en noir, et rien ne t'empêche de passer au gris, au vert ou au blanc pour une allure plus posée. Envie de quelque chose de plus vif et de plus vintage ? Orange, jaune, bleu franc, le terrain est libre. Tu peux aussi pousser jusqu'au motif ou au logo peint. Et si tu changes d'avis souvent, les autocollants restent la solution maligne : réversible, pas chère, et tu fais évoluer le look au gré de tes envies sans repasser à la cabine.
L'entretien n'a rien de sorcier et reprend les fondamentaux de n'importe quelle moto. Quelques gestes réguliers suffisent à la faire durer, à condition de ne pas les remettre indéfiniment à plus tard.
Surveille en priorité ce qui s'use et ce qui touche à la sécurité, à une fréquence calée sur ton usage réel. Les freins d'abord, plaquettes et disques, puis la batterie, les pneus (pression et usure) et le niveau d'huile moteur. Un coup d'oeil avant chaque sortie un peu longue ne coûte rien et évite la mauvaise surprise à 40 km de la maison.
La vidange reste le geste central. Une huile de qualité adaptée à la moto (souvent une synthèse ou semi-synthèse selon les préconisations), et surtout la périodicité du constructeur respectée. En repère général, beaucoup de constructeurs tablent sur une vidange tous les quelques milliers de kilomètres, plus rapprochée en ville où le moteur peine, plus espacée sur de longs trajets routiers réguliers. Le seul juge de paix, c'est le manuel d'entretien : c'est lui qui donne les intervalles exacts pour ta machine, pas un chiffre lu au hasard sur un forum. Pense au filtre à huile, qui se change à chaque vidange. Un suivi régulier, et elle te le rendra en kilomètres.
En neuf, elle se positionnait au lancement autour de 4 000 à 4 300 euros, ce qui en fait une des rares 125 à V-twin à ce tarif, un peu moins en occasion. Mais il y a un vrai point à regarder avant de signer, et les propriétaires le soulèvent souvent : le réseau Hyosung est plus mince que celui des grandes marques japonaises. Avant d'acheter, vérifie qu'un atelier capable de la suivre et de trouver les pièces existe près de chez toi. C'est le genre de détail qui ne se voit pas à l'essai mais qui pèse lourd six mois plus tard.
En France, la marque passe par un réseau de concessionnaires et de revendeurs spécialisés. Le plus efficace : repérer l'importateur officiel et les points de vente proches, puis comparer les offres sur ce qui compte vraiment, garantie, entretien et disponibilité des pièces, avant de te décider.
Pour l'occasion, les plateformes d'annonces généralistes et les sites spécialisés deux-roues fourmillent d'offres de particuliers et de pros. Le réflexe habituel s'applique, en un peu plus appuyé vu le réseau : réclame l'historique d'entretien, inspecte la moto de près et fais un essai avant de conclure. Sur une machine dont les pièces se commandent moins facilement, un exemplaire bien suivi vaut largement quelques centaines d'euros de plus.
Trois ans de garage sur une vieille Triumph m'ont appris une chose : une moto à caractère pardonne tout sauf la négligence. La Hyosung Bobber 125 tient sa promesse pour qui débute et veut du style, avec ce V-twin qu'on ne trouve nulle part ailleurs à ce prix, une selle basse et une vraie gueule. Le revers est connu, réseau plus restreint et pièces à surveiller, alors cale ce point avant l'achat plutôt qu'après. Entretenue sérieusement et personnalisée à ton goût, c'est le genre de petite moto qui te fait sourire à chaque démarrage, et ça, dans l'univers parfois tiède des 125, ça ne court pas les rues.
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