Yamaha à 3 roues : Tricity et Niken, comment s'y retrouver dans la gamme

Deux roues à l'avant au lieu d'une, et tout le comportement de la machine change : c'est ce train avant doublé qui fait l'intérêt des Yamaha à trois roues. Tu gagnes en accroche sur sol mouillé, sur les bandes de peinture ou les pavés gras, là où une roue seule se dérobe, et tu gardes le plaisir de pencher en virage comme sur un deux-roues classique. La marque en propose deux familles bien distinctes : le scooter urbain Tricity, en 125 ou 300, et la Niken, qui est une vraie moto.

Yamaha décline donc le concept sur deux usages qui n'ont presque rien à voir. D'un côté un scooter pratique pour la ville et les trajets du quotidien, accessible et rassurant. De l'autre une moto sportive atypique pour ceux qui cherchent des sensations en courbe. Petite précision pour éviter la confusion classique : on parle bien des Yamaha, à ne pas mélanger avec le Piaggio MP3, qui joue dans la même cour mais chez un autre constructeur.

C'est quoi, exactement, un trois-roues Yamaha ?

Le principe tient dans un train avant à double roue inclinable. Yamaha l'appelle le LMW, pour Leaning Multi-Wheel, un système qui laisse la machine se coucher dans les virages comme une moto normale, tout en posant deux contacts au sol à l'avant au lieu d'un. Dans la pratique, tu inclines pareil, mais avec une marge de sécurité en plus quand le revêtement est douteux. C'est là que ces engins prennent tout leur sens : sur la chaussée grasse du matin, là où beaucoup de motards lèvent le pied.

Sur les scooters de la gamme, tu retrouves en prime le confort d'usage habituel : plancher plat, selle basse, coffre sous la selle. Le freinage est sérieux, avec ABS, et les modèles haut de gamme ajoutent du contrôle de traction et d'autres aides. Rien de gadget, ça rend surtout la prise en main facile, y compris pour quelqu'un qui débute ou qui veut juste rouler tranquille.

Quels modèles Yamaha à trois roues, et pour qui ?

Le Tricity 125 est l'entrée de gamme, taillé pour la ville. Son monocylindre 125 suffit pour les trajets quotidiens, il consomme peu et se faufile bien. C'est la porte d'entrée logique vers le trois-roues, accessible avec le permis A1, ou avec le permis B si tu remplis les conditions (deux ans de permis et la formation de 7 heures).

Le 300 monte d'un cran. Son monocylindre de 28 chevaux le rend à l'aise en ville comme sur voie rapide, et il embarque un détail bien pratique aux feux : un système qui le maintient debout à l'arrêt, sans poser le pied. Coffre généreux, deux casques logés sans forcer, suspensions soignées. C'est le bon compromis pour qui veut sortir de la ville sans se priver de praticité.

La Niken, elle, joue dans une autre catégorie. Pas un scooter, mais une moto sportive à trois roues, animée par le trois-cylindres de 900 cm³ hérité de la MT-09. Son double train avant donne une accroche impressionnante en entrée de courbe, de quoi enrouler les virages avec un aplomb que peu de machines offrent. La version GT pousse vers le grand tourisme, avec bulle ajustable, poignées chauffantes, valises et régulateur. Une moto à part, qui demande qu'on l'essaie pour comprendre ce qu'elle procure.

Comment marche ce fameux train avant ?

Sur le plan mécanique, le double train avant impose une suspension propre à chaque roue. C'est ce qui rend ces machines si stables : les chocs sont encaissés indépendamment d'un côté et de l'autre, et les appuis se répartissent mieux en courbe. La moto reste posée là où un deux-roues classique demanderait plus de vigilance, surtout quand l'asphalte est dégradé.

Côté freins, on retrouve des disques à l'avant comme à l'arrière, avec ABS. L'atout, c'est encore l'adhérence : deux roues à l'avant, c'est là que se joue l'essentiel du freinage et de la tenue de cap, donc le contact au sol est doublé. En entrée de virage et au freinage appuyé, ça se sent, et c'est précisément cet argument qui décide beaucoup d'acheteurs.

Scooter ou moto à trois roues : qu'est-ce qui change vraiment ?

La position de conduite, d'abord. La Niken te met en posture de moto, repose-pieds reculés, guidon qui invite à attaquer. Les Tricity, eux, te laissent droit et détendu, les pieds posés sur un plancher plat, ce qui colle mieux aux trajets urbains répétés.

Pour le rangement et le côté pratique, l'avantage va clairement aux Tricity, avec leur plancher plat et leur coffre capable d'avaler un casque ou des courses. La Niken assume son statut de moto et privilégie le pilotage, même si la GT récupère des valises pour partir en voyage.

Reste la motorisation, qui résume tout. Les Tricity et leurs blocs de 125 ou 300 cm³ visent un usage urbain et mixte économique. La Niken et son trois-cylindres cherchent le plaisir et la performance. Le même concept de base, deux tempéraments opposés.

À l'usage, ces trois-roues offrent quelque chose qu'on ne trouve nulle part ailleurs : l'inclinaison d'une moto avec l'aplomb de deux roues avant. Du Tricity 125 pour débuter en ville à la Niken pour les amateurs de courbes, il y en a pour des besoins très différents. Si ta priorité c'est la ville et la sérénité, regarde du côté du Tricity ; si tu cherches des sensations et une machine qui sort du lot, la Niken te marquera. Dans les deux cas, va en essayer un en concession avant de te décider : la sensation des deux roues avant ne se raconte pas, elle se vit au premier virage, et c'est souvent là que le doute se lève.

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