Tension de la chaîne de votre moto son importance
La chaîne de moto, bien qu'elle soit parfois négligée, joue un rôle important dans la sécurité et la performan...
Nettoyer puis graisser sa chaîne tous les 500 à 1 000 km avec un produit spécifique, idéalement à chaud au retour d'une sortie, voilà le geste qui fait durer une transmission des années. C'est cinq minutes de boulot, et pourtant c'est l'entretien que je vois le plus souvent zappé. Une chaîne bien suivie, c'est plus de sécurité, un meilleur rendement et moins d'usure. Une chaîne sèche, c'est l'inverse, et au bout du compte un kit complet à changer avant l'heure.
Au club, dès qu'un copain se plaint d'une transmission qui couine ou qui broute, je commence toujours par regarder sa chaîne. Neuf fois sur dix, le problème est là. Sur ma MT-09 comme sur la vieille Triumph, c'est devenu un réflexe de garage. Ici je te donne le bon timing pour graisser, la méthode de nettoyage qui respecte les joints, la technique d'application qui ne repeint pas ta jante, et un tour des produits selon que tu roules sur le bitume ou dans la boue.
Deux formats se partagent le marché : la bombe en spray et le pot avec applicateur. Côté marques, tu n'as que l'embarras du choix, Motul, Ipone, Motorex, Michelin et compagnie. Ce qui compte vraiment, c'est un produit pensé pour les chaînes de moto, et accordé à ton usage. Une chaîne de routière ne subit pas les mêmes agressions qu'une chaîne de tout-terrain qui avale poussière et boue à chaque sortie.
Le spray gagne sur la simplicité d'application, mais il demande de repasser plus souvent. Les graisses épaisses tiennent plus longtemps et espacent les interventions, sauf qu'elles attrapent davantage les saletés. Et là est le piège : ces particules s'incrustent, deviennent abrasives et finissent par limer la chaîne. Tout l'art consiste à doser entre tenue et propreté, selon ta machine et tes conditions de roulage. Petit repère que j'utilise : touche la chaîne dix minutes après application. Si ça colle franchement au doigt, c'est une formule route, parfaite sur bitume mais à fuir dans les chemins, où elle se transforme en pâte à roder avec le sable.
Tous les 500 à 1 000 km, voilà la fourchette de référence, à moduler selon ta façon de rouler. Mais ce chiffre ne fait pas tout : la météo et l'état des routes pèsent autant. Par temps sec, tu vises le haut de la fourchette tranquillement. Sous la pluie, c'est une autre histoire. La graisse file beaucoup plus vite, parfois en quelques centaines de kilomètres, et il faut alors repasser bien plus souvent, voire avant chaque sortie quand le temps s'annonce humide.
Ta chaîne sait te prévenir, encore faut-il l'écouter. Un dépôt noirâtre, un aspect terne et rugueux, une surface qui paraît sèche au regard : ce sont les signaux qu'il est temps d'intervenir. Rouler avec une chaîne négligée, à mon avis, c'est jouer avec le feu pour pas grand-chose. Un petit coup d'œil régulier t'évite des galères autrement plus lourdes.
On graisse après la balade, jamais avant de partir. Deux bonnes raisons à ça. La transmission est chaude, donc le nettoyage se fait mieux et la graisse neuve pénètre plus facilement entre les maillons. Et puis, si tu graisses juste avant de démarrer, la force centrifuge va projeter une bonne part du produit frais sur la jante, le pneu et la route dès les premiers tours de roue. Le bon plan, c'est de graisser le soir au retour et de laisser figer toute la nuit. Au matin, ta chaîne est prête et le produit reste là où il doit.
On nettoie d'abord, on graisse ensuite. L'inverse revient à emprisonner la crasse sous une couche neuve, autant ne rien faire. Si la chaîne est encrassée, prends un nettoyant adapté ou un produit type WD40, et frotte avec un chiffon ou une brosse souple. Une vieille brosse à dents en nylon fait parfaitement le job dans les recoins. Quand tu as fini, passe un doigt propre sur la chaîne : s'il ressort net, c'est bon.
Un point sur lequel je ne transige jamais : pas de solvant agressif. Ni essence, ni white-spirit, ni dégraissant musclé. Ils nettoient bien, c'est vrai, mais ils attaquent les joints toriques, ces petits joints en caoutchouc qui retiennent la graisse d'usine entre les axes, et précipitent le vieillissement de la chaîne. Reste sur des produits spécifiques ou du WD40, qui les respectent.
Tant que tu es là, profites-en pour contrôler la tension. Repère le brin inférieur, la partie basse de la chaîne, et pousse-le de bas en haut pour évaluer le jeu. On cherche en général un débattement de 25 à 35 mm, mais ça change d'un modèle à l'autre : le manuel de ta moto donne toujours la cote exacte, fie-toi à lui. Trop tendue, la chaîne use prématurément roulements et couronne. Trop détendue, elle risque de fouetter ou de sauter. Sur les tout-terrain, normal qu'elle paraisse plus lâche au repos, c'est le grand débattement de suspension qui veut ça.
Rien de sorcier, mais un peu de méthode aide. L'idéal, c'est de poser la moto sur une béquille d'atelier ou centrale, histoire de faire tourner la roue arrière librement. Et une règle de sécurité sur laquelle je ne plaisanterai jamais : tu fais tourner la roue à la main, jamais moteur en marche. Les doigts coincés dans une chaîne lancée, ça finit très mal.
Une main tient la bombe ou l'applicateur, l'autre place un chiffon sous la chaîne pour récupérer le surplus. Une astuce de garage : démarre au niveau de l'attache rapide, le maillon de fermeture, ça te sert de repère pour savoir quand tu as bouclé le tour. Vise la face interne, côté couronne, là où les maillons s'engrènent sur les pignons. Appliquée à cet endroit, la force centrifuge répartit ensuite le produit vers l'extérieur sur toute la largeur. Fais tourner la roue tranquillement, sans excès. Une fine couche régulière vaut mieux qu'un gros surplus qui giclera partout. Laisse poser quelques minutes, ou une nuit, avant de reprendre la route, le temps que la graisse fige.
Les références se comptent par dizaines, avec des prix qui vont en gros de 6 à 22 euros selon le produit et le format. Voici quelques pistes pour t'orienter, sachant que ces tarifs sont indicatifs et bougent d'un revendeur à l'autre.
Le bon produit, c'est celui qui colle à ta pratique : route ou tout-terrain, usage intensif ou sorties du dimanche. Compare, et lis les retours d'autres motards avant de trancher, ça évite les déconvenues.
Au fond, l'entretien de la chaîne reste le geste le plus simple et le plus rentable que tu puisses faire sur ta machine. Nettoie sans solvant agressif, contrôle la tension, puis graisse à chaud au retour de balade, sur la face interne, roue tournée à la main. Tous les 500 à 1 000 km par temps sec, plus souvent sous la flotte. Prends-en l'habitude et ça devient un réflexe de cinq minutes qui repousse loin l'échéance du kit chaîne complet. Cette chaîne transmet toute la puissance à la roue arrière : elle vaut bien ces quelques minutes au garage.
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